Vous prévoyez prochainement de faire construire une terrasse en bois, de poser un bardage ou une clôture ? Le choix de la classe d’emploi du bois conditionne directement la durée de vie de votre ouvrage. Classe 3, classe 4… ces appellations techniques cachent une réalité simple : un bois mal choisi peut pourrir en quelques années. Cet article va vous aider à choisir le type de bois le plus adapté à votre projet.
La classe d’emploi d’un bois correspond à son degré de résistance face à l’humidité et aux risques biologiques (champignons, insectes, pourriture). Cette classification est définie par la norme NF EN 335 et regroupe les bois en 5 catégories selon leur exposition.

Pour assurer la durabilité d’une terrasse, l’essence du bois et sa classe d’emploi doivent être soigneusement choisies
Pour un usage extérieur, deux classes nous intéressent particulièrement :
La classe 3 regroupe les bois exposés aux intempéries, sans contact avec le sol,
La classe 4 regroupe les bois en contact permanent avec l’eau douce ou le sol.
La différence est déterminante pour la durabilité de votre projet.
Un bois de classe 3 résiste à une humidification fréquente, à condition que l’eau puisse s’évacuer. Il n’est pas conçu pour un contact direct avec le sol ni pour une exposition prolongée à l’eau stagnante.
On distingue deux sous-catégories pour la classe 3 :
Classe 3a : le bois est exposé à la pluie, mais la conception de l’ouvrage permet un séchage rapide. C’est le cas d’un bardage bien ventilé.
Classe 3b : le bois est soumis aux intempéries et la conception ne permet pas une évacuation rapide de l’eau. L’humidité persiste sur des périodes plus longues.
Cette nuance est importante : un bardage mal conçu qui retient l’eau relève de la classe 3b et nécessite un traitement plus poussé.
Un bois de classe 4 supporte un contact permanent avec le sol ou l’eau douce. Il est conçu pour résister à une humidification prolongée, voire continue.
C’est le niveau d’exigence requis pour une terrasse en bois, des poteaux de clôture ou tout élément en contact direct avec le sol. À ce niveau, le bois doit être soit naturellement imputrescible, soit traité pour le devenir.
Ce tableau liste tous les types d’usages et les classes de bois qui vont garantir la durabilité des bois exposés en extérieur.
| Projet | Classe minimum | Spécificités |
|---|---|---|
| Terrasse en bois | Classe 4 | Contact avec le sol, stagnation d’eau possible entre les lames |
| Bardage | Classe 3 | Exposé à la pluie mais sans contact avec le sol, évacuation naturelle |
| Clôture / poteaux | Classe 4 | Poteaux fichés dans le sol = contact permanent |
| Pergola | Classe 3 ou 4 | Classe 3 si poteaux sur platines, classe 4 si enterrés |
| Abri de jardin | Classe 3 | Structure hors-sol, abritée par la toiture |
| Ossature bois | Classe 2 à 3 | Généralement protégée par le pare-pluie et le bardage ou le revêtement extérieur |
| Portail en bois | Classe 3 | Exposé aux intempéries, sans contact sol |
| Menuiserie extérieure | Classe 3 | Fenêtres, volets : pluie mais pas de contact sol |
| Charpente extérieure | Classe 3 | Exposée mais protégée par la couverture |
La règle est simple : dès qu’il y a contact avec le sol ou risque de stagnation d’eau, il faut passer en classe 4. Dans les autres cas d’usage extérieur, la classe 3 suffit généralement.

Les essences de bois ne présentent pas toutes la même durabilité et la même résistance en extérieur
Toutes les essences de bois n’offrent pas la même durabilité naturelle. Certaines atteignent naturellement la classe 3 ou 4, d’autres nécessitent un traitement de préservation. Pour trouver l’essence adaptée à votre projet, Barillet Distribution propose une gamme complète de bois de construction et d’aménagement extérieur.
Ces bois résineux peuvent être utilisés en extérieur sans contact sol, sans traitement particulier :
Douglas : le plus utilisé en construction bois en France, bonne stabilité dimensionnelle ;
Mélèze : excellente résistance, belle teinte dorée ;
Red Cedar : léger, stable, naturellement résistant aux insectes ;
Épicéa (avec traitement surface) : économique mais moins durable
Ces essences conviennent parfaitement pour un bardage, une pergola sur platines ou un abri de jardin.
Ces bois feuillus possèdent une durabilité naturelle exceptionnelle, sans aucun traitement :
Robinier (faux-acacia) : le champion français, imputrescible, résistant aux termites ;
Châtaignier : durable, tannique, idéal en extérieur ;
Chêne : classique, très résistant (duramen uniquement)
Les bois tropicaux offrent une résistance remarquable :
Ipé : extrêmement dense, durée de vie de plusieurs décennies ;
Cumaru : alternative à l’ipé, légèrement moins cher ;
Merbau : stable, bonne résistance mécanique ;
Padouk, Itauba : adaptés même au contact avec l’eau de mer (classe 5)
Ces essences exotiques sont idéales pour fabriquer une terrasse en bois haut de gamme mais représentent un investissement conséquent.
Certains bois n’atteignent la classe 4 qu’après un traitement de préservation.
Pin sylvestre traité autoclave : le plus courant, excellent rapport qualité-prix ;
Pin maritime traité : très imprégnable, bonne pénétration du produit ;
Épicéa traité : possible mais moins performant que le pin ;
Le pin traité classe 4 vert ou le pin traité autoclave restent les solutions les plus économiques pour une terrasse ou des poteaux de clôture.

Un bardage en bois (classe 3 minimum) se fixe obligatoirement sur des liteaux (tasseaux de 20 à 40 mm d’épaisseur) pour assurer une bonne ventilation du bois en sous face
Quand la durabilité naturelle d’une essence est insuffisante, on lui confère une protection par traitement, voici les principaux procédés :
LE BOIS AUTOCLAVE
C’est le procédé le plus répandu. Le bois est placé dans un autoclave où, sous pression, un produit de préservation pénètre en profondeur dans les cellules. La pénétration latérale peut atteindre plusieurs millimètres, voire la totalité de l’aubier pour les essences imprégnables comme le pin.
Le bois traité autoclave (souvent reconnaissable à sa teinte verdâtre) offre une excellente protection contre les champignons, la pourriture et les insectes. C’est la solution de référence pour les classes d’emploi 3b, 4 et 5.
La marque CTB B+ garantit la qualité du traitement et le respect des exigences environnementales.
LE BOIS THERMO CHAUFFÉ ou TRAITÉ (THT)
Ce procédé naturel consiste à chauffer le bois entre 200 et 250°C. Cette « cuisson » modifie la structure du matériau en profondeur : meilleure stabilité dimensionnelle, résistance accrue à l’humidité, teinte brunie dans la masse. Avantage : aucun produit chimique. Le bois thermomodifié ou rétifié (frêne, peuplier, pin) atteint la classe 3 à 4 selon l’essence et l’intensité du traitement.
Ce traitement par imprégnation d’huiles végétales chauffées représente une véritable alternative écologique. Le bois thermohuilé gagne en durabilité tout en conservant un aspect naturel. Adapté pour une utilisation en extérieur, ce procédé répond aux exigences actuelles de préservation de l’environnement.
La durabilité naturelle d’un bois ne concerne que son cœur : le duramen (ou bois de cœur). L’aubier, zone périphérique plus jeune, est par nature sensible aux attaques biologiques.
Pour les essences à aubier et duramen distincts (chêne, châtaignier, robinier), on peut utiliser le bois purgé d’aubier sans traitement en classe 3 ou 4.
Pour le pin, le retrait de l’aubier n’est pas économiquement viable. On traite donc l’ensemble de la pièce. La bonne nouvelle : l’aubier du pin sylvestre présente une excellente capacité d’imprégnation, ce qui rend le traitement autoclave particulièrement efficace. C’est l’angle que personne n’aborde, pourtant essentiel.
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Grand guide du bricolage
David Fedullo et Thierry Gallauziaux
Tournevis, marteau, perceuse, pinceau... Qui saurait dire combien de fois il lui a fallu effectuer dans la maison – et en urgence ! – une petite réparation ou, tout simplement, fixer un cadre, installer un appareil électroménager ou repeindre une pièce ?
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Au modèle d’un manuel professionnel où les réalisations types sont toujours précisément décrites, ce guide pratique d’auto-apprentissage permettra aussi à chacun d’entreprendre en toute confiance ses projets d’aménagement ou de rénovation (être l’artisan de sa cuisine, de sa salle de bains ou de son installation de plomberie, etc.).