Noël Delwick est connu pour les recettes d’enduits naturels et les conseils de mise en oeuvre qu’il partage sur les réseaux sociaux. Cet artisan originaire du Lauragais spécialiste en éco-rénovation a une connaissance fine des enduits à la chaux, des sables, des badigeons et des pigments…
Dans le cadre d’un de ses chantiers (filmé par Brian de l’Archipelle, voir vidéo plus bas), Noël a testé l’isolation à base de fougères.
Quand la terre est acide, qu’il est difficile d’avoir accès à de la paille de blé, de la paille de lavande (comme en Provence) ou des balles de riz (comme en Camargue)… la fougère – mais également l’ortie ou la prêle ! – pourront avantageusement remplacer des isolants végétaux plus traditionnels. En effet, la silice contenue naturellement en grande quantité dans ces trois plantes renforce le pouvoir isolant de leurs fibres.
Noël

Le broyat de fougères, imbibé d’une laitance de chaux, est banché sur une épaisseur de ~ 15 cm. Une fois sec et protégé par un enduit, ce torchis de fougères offrira une très bonne isolation
Pour ce chantier situé dans le Sud-Ouest de la France, dans la région de la Montagne Noire, la fougère, qui pousse en abondance, est une ressource locale renouvelable intéressante à utiliser pour réaliser un torchis.
Une précaution importante à prendre cependant : Il faut récolter les fougères au début de l’été, avant l’apparition des spores, car les spores sont toxiques, dangereuses à respirer. Si les fougères sont récoltées sans cette précaution, il faudra porter impérativement un masque type FFP2 ou FFP3 pendant la manipulation des fougères.
Brian

Quand on veut utiliser les fougères comme isolant, il faut absolument les récolter au début de l’été quand leur toxicité est la plus basse
1. Les fougères sont mises à sécher, avant d’être hachées à la tondeuse. On cherche à obtenir un broyat végétal qui présente des morceaux de ~ 10 / 15 cm max.
Ce n’est pas grave si quelques fibres sont plus longues. L’important est que les fibres soient correctement imprégnéed de laitance de chaux, et pas trop tasséed par la suite pour conserver tout les pouvoir isolant. Les fibres de fougère rebondissent quand on les tasse…
Noël
2. Au sol, sur une bâche, étaler :
– 2 poubelles de 100 litres du broyat de fougères

Les fougères sont grossièrement réduites en broyat à l’aide d’une tondeuse
3. Préparer une laitance de chaux avec :
– 1 seau (de maçon de 10 litres) et 1/2 de chaux hydraulique,
– 1 seau (de maçon de 10 litres) et 1/2 de de chaux aérienne,
-> soit 30 litres de chaux au total (moitié hydraulique / moitié aérienne)
– 6O litres d’eau
Mélanger et brasser régulièrement avec un mélangeur à peinture pour éviter que le mélange sédimente.
La recette ci-dessus mélange fougères, chaux, et un peu de plâtre mais si l’on a accès à de la terre argileuse on peut tout à fait remplacer le mélange chaux-plâtre par de la barbotine de terre.
Noël
4. Arroser le broyat avec un peu de laitance. Mélanger délicatement au râteau pour que le mélange chaux / eau colle aux fibres.
5. Saupoudrer un peu de plâtre (2 litres pour la quantité décrite) : cela va permettre d’accélérer la prise, de débancher rapidement (d’une heure à l’autre), d’utiliser peu de banches et de travailler rapidement, sans attendre le lendemain…
6. Une fois toutes les banches enlevées, on laisse sécher le mortier environ 1 mois avant de le protéger avec un enduit chaux sable, un enduit de terre crue ou toute autre finition naturelle respirante.
D’autre mises en œuvres d’isolants naturels ?
Rénovation écologique : Monter une cloison intérieure en Briques de Terre Crue (BTC)
Correction thermique : Isoler les murs avec le chaux-chanvre
Isolation artisanale : Découvrir et mettre en œuvre le torchis terre et paille
Retrouvez toutes les prestations en éco-rénovation de Noël Delwick sur son site noeldelwick-dci.com ou le suivre sur sa page fb facebook.com/noeldelwickRetrouvez les reportages (d’utilité publique !) de l’Archipelle, spécialiste de l’autonomie et de la permaculture, sur leur site larchipelle.fr ou sur leur chaîne youtube.com/larchipelle
© images : 1, 3/ L’Archipelle – 2/ Pexels
Enduits de terre crue, 20 recettes
Sylvain Moréteau
Colorés ou brut, lisses ou granulés, droits ou arrondis... Les enduits terre se sont taillés une place de choix dans la gamme des parements écologiques.
A faire soi-même ou conditionnés prêts à l'emploi, ils ont de quoi séduire : matériau sain à l'impact environnemental très faible, forte capacité de régulation de la température et de l'humidité, absorption des odeurs et des bruits, respect du bâti ancien, relative facilité de mise en oeuvre, sensualité du matériau...
Si l'on ajoute à cela une esthétique conjugée à l'impres-sionnante variété des couleurs, textures et formes possibles, alors l'envie d'en mettre chez soi devient irrésistible !
Après avoir passé en revue tous les atouts de la terre, place aux conseils de Sylvain Moréteau qui a trempé ses mains dans la terre :
Choisir la terre et autres matériaux : où trouver la terre, avec quoi la mélanger, quelles matières utiliser pour la teinter ? ...
Savoir la mettre en oeuvre : préparer la terre, doser le mortier d'enduit, s'adapter aux supports, réaliser corps d'enduit et couche de finition, choisir le bon adjuvant...
Toutes les informations sont là ponctuées de nombreux conseils. + un carnet de 20 recettes fournies par les meilleurs artisans : primaire d'accroche, enduits de toutes sortes, mur chauffant, remplissage d'une cloison ossateur bois, enduits isolants, peinture à l'argile, recettes expliquées pas à pas.